CHLOë LuM ET YaNNICk DESRaNLEau

Chloë Lum et Yannick Desranleau

Canada

Chloë Lum (née à Sudbury, Canada ; vit à Tiohtià:ke / Mooniyang / Montréal, Canada) et Yannick Desranleau (né à Saint-Jean-sur-Richelieu, Canada ; vit à Tiohtià:ke / Mooniyang / Montréal, Canada) forment un duo d’artistes qui explore les relations entre les corps et les objets, tous deux considérés comme des sujets sensibles et performants. Prenant couramment la forme d’installations, leurs œuvres se situent à l’intersection de la performance, de la danse, du théâtre, de la musique et de la littérature. La question de la maladie chronique – maladie de longue durée s’aggravant souvent avec le temps – teinte leur travail récent, la réciprocité et l’engagement y étant abordés sous les angles de la restriction, du temps et de l’aliénation.

Avec l’installation vidéo The Garden of a Former House Turned Museum, Lum et Desranleau mettent en scène une correspondance chantée et dansée entre une interlocutrice contemporaine anonyme et l’écrivaine brésilienne Clarice Lispector (1920-1977), figure importante de la littérature du XXe siècle. Rythmée par des « Dear Clarice » épistolaires, la prose nous guide à travers la ville de Rio de Janeiro, ici recouverte d’une nature luxuriante comme si les activités humaines y avaient été suspendues. Personnifiée par différentes interprètes, la protagoniste s’adresse à Lispector dans l’au-delà avec, pour seules réponses, les murmures des orchidées qui filtrent de la jungle urbaine. Dans cet hymne matérialiste, les interprètes performent avec des collaborateurs inanimés, objets aux allures aussi étranges que familières. Abordant les thèmes du langage, de la nature, de l’urbanité et de la maladie – qu’ont en commun la protagoniste et l’écrivaine –, l’œuvre sonde la porosité des frontières entre les humain·e·s et le monde matériel. The Garden of a Former House Turned Museum explore les potentiels gestuels, sonores et narratifs des corps et des objets en mettant en lumière l’aliénation vécue lorsque le premier devient carapace ou que le second prend vie. Dans cette comédie musicale se déroulant entre le monde des vivant·e·s et celui des mort·e·s, les mots, les corps et les objets enivrent par leur sensualité, tendre et sombre à la fois, comme la chaleur étouffante d’une cité tropicale.